quels sont les effets de cette vertu de Foi
Texte de l’Écriture Sainte – Evangile selon St Jean 14, 1-11
Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Les effets de la Foi :
Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de St Thomas, père Sineux. Les effets de la Foi
Comme toute vertu, la Foi est pour l’âme humaine un « habitus » bon, c’est à dire une qualité qui la complète heureusement et une puissance qui l’incline au bien. Premier contact et premier accord entre la pensée divine et la pensée humaine, la Foi prédispose à la vie éternelle et l’inaugure déjà dans une certaine mesure ; car elle procure « la substance des choses que nous espérons pour l’avenir, et amorce avec certitude ce qui échappe encore à nos regards » (Epitre aux Hébreux XI, 1). L’aube qui précède et prépare le plein jour. Ce que la Foi découvre d’abord en Dieu, c’est le souverain Bien, et un Bien qu’une Bonté inépuisable est avide de répandre sans mesure. Infiniment aimable en Lui-même et infiniment aimant envers Ses créatures, tel est le Dieu que nous montre la Révélation. Dès lors l’Amour naît tout de suite de la Foi ; et à son tour il la stimule. Car quiconque aime déjà ce qu’il connaît, tend à connaître davantage ce qu’il aime. Rien comme l’Amour pour rendre la Foi vivante, la pousser à des enrichissements incessants ! Comme elle serait terne, par contre, « informe » (dit le langage théologique) si elle n’était pas animée de ce généreux élan du cœur. « Lumière divine, la Foi est à la vie surnaturelle ce que la raison est à la vie naturelle, ce qu’est l’œil pour le corps. Elle découvre la route et dirige la conduite. Elle est requise pour tout mouvement vital : Comment se mettre en route dans les ténèbres ? Et c’est dans le cours de l’existence que sa clarté est indispensable si l’on veut éviter les égarements et jusqu’aux tâtonnements inutiles ou dangereux. La Foi commande donc toutes les vertus, sans en excepter les autres vertus théologales, Espérance et Charité, qui, pourtant, elles aussi rattachent directement l’âme humaine à Dieu. Comment, en effet, attendre ce que l’on ignore ? Et comment aimer ce que l’on ne connaît pas ? Le vague et douloureux espoir qui tourmente un cœur inassouvi ne peut vraiment devenir une vertu, « une puissance qui porte au bien », que le jour où un objet concret lui est offert. Et c’est la Foi qui présente Dieu source de tout bien et digne de tout amour. Que signifieraient par ailleurs tous les préceptes moraux et les efforts qu’ils exigent des vertus correspondantes, si la Foi ne discernait en tout cela le caractère de « Loi de Dieu » ? Mais une âme, aussi aisément qu’elle croit ce que Dieu enseigne, observe ce que Dieu prescrit. De spéculative, la Foi devient pratique et met en branle tout l’organisme des vertus morales ; elle s’épanouit en ascèse, signe tangible de la crainte de Dieu; crainte révérencielle qui n’est pas la peur du Juge, mais l’attention délicate à ne pas contrister le Père, et le souci filial de ne rien faire qui puisse relâcher l’union d’esprit et de coeur déjà amorcée, relâcher ou compromettre si peu que ce soit la vision béatifiante préparée par la croyance aimante… Sérénité stupéfiante de l’âme de Foi, appuyée sur la confiance aux promesses de son Dieu, par-là déjà si bien fixée sur l’essentiel et l’éternel que l’accessoire et le temporel ne font plus que l’effleurer.
Réflexions pour ma vie
Suis-je profondément convaincu que la Foi guide ma vie, que sans elle je marche dans les ténèbres ? Suis-je profondément convaincu que Dieu est la source de tout bien et digne de tout amour ? Si oui, est-ce que je pense à Le prier, Le louer et Le remercier, Lui demander conseil, Lui demander pardon pour mes péchés et mes faiblesses ?
Résolution du jour
Je prends le temps dans la journée pour écouter un podcaste de formation, par exemple ceux de l’abbé Raffray : « Sursum corda ».
Prière : LES VOILES DE LA FOI de Saint Hilaire (IV ème siècle)
Donnez-moi, Seigneur Dieu, le vrai sens des mots, la lumière de l’intelligence et la foi en la vérité, afin que ce que je crois, je sache le dire aux hommes. Ô Seigneur, c’est par la beauté que vous révélez votre grandeur. Comme il est beau, votre ciel tout clairsemé d’étoiles, et splendides ces astres dont l’éternelle mouvance figure votre éternité. Qu’elle est belle, la terre aux changeantes parures… Ô Seigneur, c’est à travers l’homme que vous révélez votre amour. Seigneur, gonflez les voiles de ma foi pour que je puisse prêcher partout le nom de Dieu. Seigneur, déliez ma langue pour que je fasse honneur à votre saint nom. Seigneur, éclairez mon esprit pour que je révèle à tous ceux qui l’ignorent ce que vous êtes, vous le Père du Fils unique de Dieu.