Jour 18

l’Espérance

Texte de l’Écriture Sainte – Psaume 26

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? * Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? Si des méchants s’avancent contre moi pour me déchirer, + ce sont eux, mes ennemis, mes adversaires, * qui perdent pied et succombent. Qu’une armée se déploie devant moi, mon cœur est sans crainte ; * que la bataille s’engage contre moi, je garde confiance. J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : + habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, * pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple. Oui, il me réserve un lieu sûr au jour du malheur ; + il me cache au plus secret de sa tente, il m’élève sur le roc. * Maintenant je relève la tête devant mes ennemis. J’irai célébrer dans sa tente le sacrifice d’ovation ; * je chanterai, je fêterai le Seigneur. Écoute, Seigneur, je t’appelle ! * Pitié ! Réponds-moi ! Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. » * C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. N’écarte pas ton serviteur avec colère : * tu restes mon secours. Ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, Dieu, mon salut ! * Mon père et ma mère m’abandonnent ; le Seigneur me reçoit. Enseigne-moi ton chemin, Seigneur, * conduis-moi par des routes sûres, malgré ceux qui me guettent. Ne me livre pas à la merci de l’adversaire : * contre moi se sont levés de faux témoins qui soufflent la violence. Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. * « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. » L’Espérance chrétienne :

Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de Saint Thomas, père Sineux. L’Espérance chrétienne

« La Foi que je préfère, dit Dieu, c’est l’Espérance ! »[Note : cette citation est de Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1911, et non de saint Augustin] A la vérité, ces deux vertus ne sauraient se confondre. Mais il est bien exact que l’espérance suppose la Foi, se fonde sur elle, et devient l’un de ses actes les plus expressifs… L’Espérance, n’est-ce pas l’accent qui domine toute la Révélation dans l’Ancien Testament, depuis l’annonce du Sauveur aux premiers pécheurs exilés du Paradis, en passant par « la Promesse » maintes fois réitérée à Abraham, le Père des croyants… et aux Patriarches ses descendants, jusqu’aux Psaumes qui brodent inlassablement sur ce thème : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; que pourrais-je redouter ? » Le Nouveau Testament, la vie et la mort du Sauveur étant la preuve concrète et palpable que Dieu est fidèle à ses promesses, l’Espérance est affermie encore. Et les perspectives nouvelles que le Christ laisse entrevoir tant pour le secours divin à attendre dans le vie présente que pour les rétributions de la vie future, font l’objet de l’Espérance proprement chrétienne, laquelle devient alors la seule explication plausible du Christianisme dans son ensemble ; mutilés de cette Espérance en effet, prescriptions et austérités de l’Evangile seraient décevantes et dépourvues de sens… Comme la Foi, par conséquent, l’Espérance se fonde sur la Parole et spécifiquement sur la Parole qui promet et non plus sur la Parole qui enseigne… L’Espérance s’affermit par l’expérience, à mesure que se multiplient les bienfaits divins d’ordre sensible ou d’ordre spirituel, signes intangibles d’une bonté qui pour être déconcertante et incompréhensible, n’en oblige pas moins à constater ses effets et à accroître la confiance. La vie ici-bas du Fils de Dieu qui « passa en faisant le bien » et s’acheva par la « preuve du plus grand Amour » est le motif le plus suggestif de l’Espérance. En Lui en effet, apparaissent tout ensemble la Puissance, la Bonté et l’Amour dont la conjonction indispensable constitue la base d’une bienfaisance efficace ; car, faute de vouloir, le pouvoir reste inerte, et le pouvoir n’entre en action que sous l’inspiration de l’amour. Par ailleurs, nous ne le savons que trop, il ne suffit pas de vouloir, ni même d’aimer pour faire le bien : combien qui aiment ardemment et voudraient… mais dont l’impuissance neutralise les désirs ! Jésus, Lui, apparaît tout puissant, d’une bonté sans mesure et aimant à l’excès. Dès lors « qu’est-ce que Dieu aurait pu faire de plus ? » … et s’Il a tant fait par le passé, comment douter de Lui pour le présent et pour l’avenir ? Appuyée sur l’infaillibilité divine, d’une part et d’autre part sur la réalisation des promesses antérieures, l’Espérance chrétienne n’est pas un vague espoir, mais déjà une certitude. Si elle ne possède pas encore la Vie éternelle, par la Grâce elle tient déjà Celui qui la donne.

Réflexions pour ma vie

Je regarde ma vie passée et présente et je note tous les bienfaits dont le Seigneur m’a comblé dans la famille, le travail, les relations amicales…tant dans l’ordre sensible que spirituel… Ai-je conscience que l’Espérance ne se borne pas dans la possession ou l’acquisition de choses qui passent ? Si l’on me demande quelle est mon Espérance, que répondrais-je ?

Résolution du jour

Je lis le CEC: (parag.1817-1821) et je médite pendant mon temps de prière sur la Vie Eternelle.

Prière : ACTE DE CONFIANCE de Saint Claude La Colombière

Mon Dieu, je suis si persuadé que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous et qu’on ne peut manquer de rien quand on espère de vous toutes choses, que j’ai résolu de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes. Dans la paix je m’étends et m’endors aussitôt ; car c’est vous seul, Seigneur, qui, dans l’espérance, m’avez établi. Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur ; les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir ; je puis même perdre votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, car c’est vous seul, Seigneur, qui m’avez établi dans l’espérance. Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance même ; rien ne peut m’effrayer tant que j’espérerai ; et je suis assuré d’espérer toujours, car j’espère de vous cette invariable espérance. J’espère que vous m’aimerez toujours et que je vous aimerai aussi sans relâche ; et je vous espère vous-même de vous-même, ô mon Créateur, pour le temps et pour l’éternité.