Semaine 1 — La Résurrection et les Apparitions

Cette première semaine nous fait entrer dans le mystère pascal par les récits évangéliques des apparitions du Christ ressuscité : le tombeau vide, l'apparition à Marie-Madeleine, la pêche miraculeuse, les disciples d'Emmaüs. Les textes de Dom Marmion et les homélies de saint Grégoire le Grand nous guident dans la contemplation de ce mystère fondateur.

Prière de la semaine : Acte d'Amour du saint Curé d'Ars


Jour 1

La Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ

Texte de l’Écriture Sainte — Évangile selon St Marc 16, 1-7

Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »

Temps de contemplation — « Le Christ dans ses mystères » Dom Marmion

Version audio disponible

Tout le mystère du Christ durant les jours de sa passion peut se résumer dans cette parole de St Paul : « Il s’est humilié, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort »… Mais les abîmes d’ignominies et de souffrances dans lesquelles Notre Seigneur a bien voulu descendre étaient également des abîmes d’amour ; et cet amour nous a mérité la miséricorde de son Père, toutes les grâces de salut et de sanctification…

Il y a une parole de St Paul qui récapitule pour le Christ le mystère de sa Résurrection : « Vivit Deo : Il vit pour Dieu ». Contemplons ce mystère de Jésus, sortant vivant et glorieux du sépulcre… la Résurrection est le mystère du triomphe de la vie sur la mort, du céleste sur le terrestre, du divin sur l’humain et elle réalise éminemment l’idéal de toute sainteté.

Le Christ Jésus était Dieu et homme… Il a eu besoin du lait de sa mère pour sustenter sa vie ; plus tard, il a éprouvé la fatigue… le sommeil… la faim ; la soif ; la souffrance. Il a aussi éprouvé des afflictions intérieures : au jardin des oliviers, la peur, l’ennui, l’angoisse, la tristesse… Ainsi a-t-il partagé nos faiblesses, nos infirmités, nos douleurs…

Mais après la Résurrection, toutes ces infirmités ont disparu… Notre Seigneur n’éprouve plus rien de tout cela : c’est la séparation complète de tout ce qui est faiblesse. Son corps n’est-il donc plus réel ? Certainement c’est bien le corps qu’il a reçu de la Vierge Marie et qui a souffert la mort sur la croix. Voyez comme le Christ tient lui-même à le montrer. Le soir de sa Résurrection, … Jésus fait lui-même constater à ses apôtres la réalité de son corps ressuscité ; mais c’est un corps soustrait désormais aux infirmités de la terre ;… Jésus sort du tombeau taillé dans le roc et dont l’entrée est fermée par une lourde pierre ; il se présente au milieu de ses disciples « alors que toutes les portes » du lieu où ils étaient rassemblés « étaient fermées »…

Ce corps ressuscité est désormais immortel ; il est mort une fois ;… mais à présent, dit St Paul, « le Christ ressuscité ne meurt plus, la mort n’a plus sur lui d’empire » : le corps de Jésus ressuscité n’est plus soumis à la mort ni aux conditions du temps : il est libéré de toutes les servitudes, de toutes les infirmités qu’il avait prises dans l’Incarnation ; il est impassible, spirituel, vivant dans une souveraine indépendance.

C’est en cela qu’est représenté dans le Christ le premier élément de la sainteté : l’éloignement de tout ce qui est mort, de tout ce qui est terrestre, de tout ce qui est créature, l’affranchissement d’avec toute faiblesse, d’avec toute infirmité, d’avec toute passibilité. Au jour de sa Résurrection, le Christ Jésus a laissé dans le tombeau les linceuls, qui sont le symbole de nos infirmités, de nos faiblesses, de nos imperfections ; il sort triomphant du sépulcre ; sa liberté est entière, il est animé d’une vie intense, parfaite, qui fait vibrer toutes les fibres de son être. En Lui tout ce qui est mortel est absorbé par la Vie.

Réflexions pour ma vie

Est-ce que je crois que le Christ est réellement sorti, vivant, du tombeau ? Suis-je conscient de l’Amour infini du Père pour ses enfants que nous sommes, de l’Amour infini de Jésus qui s’est fait homme et qui a souffert pour nous sauver de la mort et du péché ? Est-ce que je pense à Le louer, à Le remercier pour cet amour infini ?

Résolution du jour

Je me fixe un temps de prière et d’adoration pour contempler la profondeur de cet Amour divin ! J’y serai fidèle toute cette semaine.

Prière : Acte d’Amour du saint Curé d’Ars (XIXe siècle)

Je vous aime, ô mon Dieu, et mon seul désir est de vous aimer jusqu’au dernier soupir de ma vie. Je vous aime, ô mon Dieu infiniment aimable, et j’aime mieux mourir en vous aimant que de vivre un seul instant sans vous aimer. Je vous aime, ô mon Dieu, et je ne désire le Ciel que pour avoir le bonheur de vous aimer parfaitement. Je vous aime, ô mon Dieu, et je n’appréhende l’enfer que parce qu’on n’y aura jamais la douce consolation de vous aimer. Ô mon Dieu, si ma langue ne peut dire à tout moment que je vous aime, du moins je veux que mon cœur vous le répète autant de fois que je respire. Ah ! Faites-moi la grâce de souffrir en vous aimant, de vous aimer en souffrant, et d’expirer un jour en vous aimant et en sentant que je vous aime. Et plus j’approche de ma fin, plus je vous conjure d’accroître mon amour et de le perfectionner. Amen.