la Vie nouvelle par le Baptême
Texte de l’Écriture Sainte : St Paul Rom. VI, 1-12
Puisque nous sommes morts au péché, comment pourrions-nous vivre encore dans le péché ? Ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ. Il ne faut donc pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs.
Temps de contemplation : « Le Christ dans ses mystères » Dom Marmion
Sans doute, nous verrons le Christ ressuscité toucher encore la terre ; par amour pour ses disciples, par condescendance pour la faiblesse de leur foi, il consent à leur apparaître, à converser avec eux, à partager leur repas ; mais sa vie est avant tout céleste : « Vivit Deo » … St Paul résume tout en disant cela : « Il vit pour Dieu » C’est le premier élément de la sainteté : l’adhésion, l’appartenance, la consécration à Dieu… Maintenant que sa sainte humanité est libre de toutes les nécessités, affranchie de toutes les infirmités de notre condition terrestre, elle se livre comme elle ne le fit jamais, à la gloire du Père. La vie du Christ ressuscité devient une source infinie de gloire pour son Père ; il n’y a plus en Lui aucune faiblesse : tout en Lui est lumière, force, beauté, vie ; tout en lui chante un cantique ininterrompu de louange… Ce cantique, expression parfaite de la vie divine qui désormais enveloppe et pénètre de toute sa puissance et de toute sa splendeur la nature humaine de Jésus, est ineffable… Telle est la vie du Christ ressuscité. Elle est le modèle de la nôtre, et le Christ a mérité pour nous la grâce de vivre comme Lui pour Dieu, d’être associés à son état de ressuscité… C’est dès le baptême que nous participons à cette grâce de la Résurrection. « Par le baptême, nous avons été ensevelis avec le Christ dans la mort ; dès lors, comme le Christ est ressuscité par la puissance du père, ainsi faut-il que nous marchions dans une vraie nouveauté de vie »(St Paul Rom, 6, 4) L’eau sainte dans laquelle nous sommes plongés au baptême, est, d’après l’Apôtre, la figure du sépulcre ; en en sortant, l’âme est purifiée de toute faute, de toute souillure, affranchie de toute mort spirituelle, et revêtue de la grâce, principe de la vie divine : tout comme en sortant du tombeau le Christ s’est dépouillé de toute infirmité pour vivre désormais d’une vie parfaite… Nous sommes donc ressuscités avec le Christ, par le Christ, car il désire infiniment nous communiquer sa vie glorieuse. Et que faut-il pour répondre à ce désir divin et devenir semblables à Jésus ressuscité ? Que nous vivions dans l’esprit de notre baptême. Que renonçant à tout ce qui est vicié par le péché dans notre vie, nous fassions « mourir » de plus en plus « le vieil homme » ; que tout en nous soit dominé et régit par la grâce. C’est là pour nous toute la sainteté : nous éloigner du péché, des occasions de péché, des créatures, de tout ce qui est terrestre, pour vivre en Dieu, pour Dieu, avec la plus grande plénitude et la plus grande stabilité possible… Le Christ, il est vrai, ne meurt qu’une fois ; il nous a donné par là comme lui à tout ce qui est péché. Mais nous, nous devons « mourir » chaque jour, car nous conservons en nous toutes les racines du péché et l’antique ennemi travaille sans cesse à les faire repousser. Détruire en nous ces racines, nous garder de toute infidélité, de toute créature aimée pour elle-même, écarter de nos actions tout mobile non seulement coupable, mais purement naturel, nous affranchir de tout ce qui est créé, terrestre ; tenir notre cœur libre, d’une liberté spirituelle, tel est le premier élément de notre sainteté, celui que le Christ nous montre réalisé en lui par cette souveraine et admirable indépendance où vit son humanité de ressuscité.
Réflexions pour ma vie
Repensons à notre baptême : sans doute n‘en avons pas vraiment de souvenir, ayant été baptisé tout petit. Mais que signifie-t-il maintenant pour nous ? Que signifie pour moi : être baptisé ? Et qu’est-ce que cela change dans ma vie ? Est-ce que j’ose dire que je suis baptisé, Est- ce que je sais expliquer à quelqu’un qui ne connaît pas Dieu ce qu’est le baptême ?
Résolution du jour
Je relis ce que me dit le Catéchisme de l’Église Catholique sur le Baptême. 2ème partie, 2ème section, chap. 1, parag 1213-1274. Je suis ferme dans ma résolution de temps de prière et d’adoration.
Prière : ACTE D’AMOUR du saint Curé d’Ars (XIXe siècle)
Je vous aime, ô mon Dieu, et mon seul désir est de vous aimer jusqu’au dernier soupir de ma vie. Je vous aime, ô mon Dieu infiniment aimable, et j’aime mieux mourir en vous aimant que de vivre un seul instant sans vous aimer. Je vous aime, ô mon Dieu, et je ne désire le Ciel que pour avoir le bonheur de vous aimer parfaitement. Je vous aime, ô mon Dieu, et je n’appréhende l’enfer que parce qu’on n’y aura jamais la douce consolation de vous aimer. Ô mon Dieu, si ma langue ne peut dire à tout moment que je vous aime, du moins je veux que mon coeur vous le répète autant de fois que je respire. Ah ! Faites-moi la grâce de souffrir en vous aimant, de vous aimer en souffrant, et d’expirer un jour en vous aimant et en sentant que je vous aime. Et plus j’approche de ma fin, plus je vous conjure d’accroître mon amour et de le perfectionner. Amen.