Les œuvres de Miséricorde : la Bienfaisance
Texte de l’Écriture Sainte : Evangile selon saint Matthieu 25, 34-46
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? ” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. ” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. ” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? ” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. ” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle.
Temps de contemplation : Initiation à la théologie de Saint Thomas, père Sineux. Les effets extérieurs de la Charité
Les effets extérieurs (de la Charité) ne sont que la traduction, dans les actes, des sentiments intérieurs, et spécialement de la Miséricorde : « les œuvres de Miséricorde » La Bienfaisance, comme son nom l’indique, fait le bien de multiples manières. Elle n’est pas toute la Charité comme quelques-uns le croiraient trop aisément. Alors que la Charité livre toute la personne et embrasse le monde entier, la Bienfaisance ne répartit que des biens matériels et à un nombre limité d’êtres humains. Elle se mesure aux ressources réelles beaucoup plus qu’aux intentions. Par « ressources » cependant, il faut entendre moins l’or et l’argent que « les trésors du cœur » qui se répandent en beaux dévouements, en gestes généreux dans lesquels le bienfaiteur paie de sa personne plus que de sa bourse… On ne peut parler de bienfaisance sans penser immédiatement à l’aumône. Don en argent ou en nature fait aux indigents, elle est la forme la plus matérielle de la bienfaisance. Elle est parfois une œuvre de stricte Justice… En tout cas, c’est au rang des actes les plus authentiques de Charité que l’aumône se classe. … Le pauvre attend d’être aimé plus encore que d’être secouru… Animée d’un véritable amour du prochain, l’aumône serait souvent plus abondante ; car on ne craint pas de se gêner, de se priver pur quelqu’un que l’on aime. Mais surtout cette petite chose matérielle serait le signe d’une grande chose spirituelle : l’Amour qu’un enfant de Dieu tient de son Père Céleste pour son frère en Jésus- Christ. « « La manière de donner vaut mieux que ce que l’on donne »…
Réflexions pour ma vie
Petit examen de conscience : pour moi qu’est-ce que la bienfaisance ? Donner de l’argent : mon surplus ou le résultat d’une privation, d’un jeu de console dont je me suis privé volontairement par exemple ou d’un repas au restaurant ? Donner des affaires qui ne servent plus : mais sont-elles en bon état ou bien je donne sans regarder ? Donner de mon temps pour aller voir des personnes seules chez elles ou bien en Maison de retraite ? Avec joie ou en soupirant parce que la vieille tante, ou la grand-mère est « casse-pied et radote » ? Donner de l’argent à celui qui me tend la main dans la rue ? Avec amour, un regard lumineux et une parole d’attention ? Ou en lui glissant furtivement une pièce dans la main et en soupirant parce qu’il y en a trop qui « font la manche » ?
Résolution du jour
Je choisis un acte de « bienfaisance » pour mon prochain que j’accomplis dans la joie et avec tout mon amour. Je médite les mystères joyeux et en particulier la Visitation, fruit du Mystère : La Charité ; La Vierge Marie apporte non seulement son aide mais aussi le Sauveur, à sa cousine Elisabeth et à Jean-Baptiste.
Prière
Sainte Marie, Mère de Dieu, Gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source.
Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils.
Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.
Père Léonce de Grandmaison