SEMAINE 5 : Charité (suite)
La Miséricorde, la Bienfaisance, les vices opposés à la Charité (haine, tiédeur, jalousie, discorde), les préceptes de la Charité et le don de Sagesse couronnent la formation doctrinale du Père Sineux.
Prière de la semaine : « Sainte Marie, Mère de Dieu », père Léonce de Grandmaison, jésuite
Les effets extérieurs de la Charité : la Miséricorde
Texte de l’Écriture Sainte – Epître de Saint Jean I 3, 16-24
Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ; car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. Bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous avons de l’assurance devant Dieu. Quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux. Or, voici son commandement : mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé. Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné part à son Esprit.
Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de Saint Thomas, père Sineux. Les œuvres de miséricorde
En présence des malheureux, de ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur âme, la Charité compatissante se fait Miséricorde. L’étymologie à elle seule dit assez ses nuances spéciales et sa délicatesse : « Miseris cor dare », « donner son cœur aux malheureux ». Le cœur n’est pas seulement le meilleur de soi-même, mais quand il se donne il entraîne vraiment le don de toute la personne. Et, dans la circonstance, il n’est pas destiné aux amis, ni au prochain en général, mais aux malheureux, comme si leur souffrance leur conférait une sorte de priorité. Faut-il ajouter que là plus que partout ailleurs, la Charité ne saurait se contenter de sentiments intérieurs ni même de bonnes paroles. La pitié et les consolations verbales seraient presque plus cruelles que l’indifférence si elles ne passaient à l’action efficace. Là aussi, surtout, la Charité est désintéressée : le malheureux, par définition n’est pas en mesure de donner autant qu’il a reçu ; peut-être est-il « moralement » assez misérable pour ne pas reconnaître le bienfait ? Mais la Miséricorde est assez ingénieuse pour se dévouer sans se faire voir ; non contente d’oublier qu’elle donne, elle fait en sorte que l’autre oublie qu’il reçoit. Subvenir au malheureux sans l’humilier, sans en faire un débiteur, presque sans lui laisser croire qu’il est secouru… , c’est le grand art de la Miséricorde.
Réflexions pour ma vie
Etre Miséricordieux : faire œuvre de miséricorde en action,à l’extérieur, ce n’est pas toujours possible quand on a une famille nombreuse, un travail très prenant…Je peux, avant de chercher à être miséricordieux envers mon prochain un peu plus lointain, chercher comment l’être tout simplement dans ma famille. Essayer de comprendre pourquoi mon enfant me parle mal, est violent avec ses frères et sœurs ? Lui parler, lui permettre de dire sa souffrance, son manque.. Pourquoi mon mari ou ma femme se comporte agressivement ou semble fuir la vie familiale en ce moment ? Quelle souffrance non dite, quelle parole blessante a pu m’échapper ou être dite volontairement ? Eduquer sans blesser, essayer de comprendre, pardonner, mettre dans mon couple, ma famille tout mon amour…
Résolution du jour
Je suis attentif à chacun des membres de ma famille et je prends le temps de les écouter avec amour. Je médite les mystères glorieux et choisis la Vierge Marie comme ma Mère et ma Reine.
Prière
Sainte Marie, Mère de Dieu, Gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source.
Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils.
Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.Père Léonce de Grandmaison