Jour 33

Le Don de Sagesse

Texte de l’Écriture Sainte – Livre de la Sagesse 7, 7-14

Aussi j’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi. Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ; je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ; tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable, et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue. Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ; je l’ai choisie de préférence à la lumière, parce que sa clarté ne s’éteint pas. Tous les biens me sont venus avec elle et, par ses mains, une richesse incalculable. Je me suis réjoui de tous ces biens, les sachant gouvernés par la Sagesse ; j’ignorais pourtant qu’elle en était aussi la mère. Ce que j’ai appris sans calcul, je le partage sans réserve, je ne veux rien dissimuler de ses richesses : la Sagesse est pour les hommes un trésor inépuisable, ceux qui l’acquièrent gagnent l’amitié de Dieu, car les bienfaits de l’éducation les recommandent auprès de lui.

Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de Saint Thomas, père Sineux. Le don de Sagesse

Comme les autres vertus théologales, la Charité est renforcée par un Don du Saint-Esprit : le Don de Sagesse. Au premier abord, on ne voit pas bien la correspondance entre cette Vertu et ce Don… Et pourtant, est-il rien d’aussi intuitif que l’amour ? Qu’est-ce qui fait qu’une mère a si vite deviné ce qu’éprouve son enfant ? Et pourquoi, en dehors de toute confidence, un véritable ami a-t- il si aisément discerné vos secrètes inquiétudes ? Le langage du cœur, pour être mystérieux, n’en est que plus expressif. Aimer c’est voir ; être aimé, c’est se livrer… . Pour chacun des deux êtres qui s’aiment, c’est un besoin irrésistible de tout mettre en commun, de ne rien garder pour soi, de découvrir les mystères de sa vie et tous les replis de son cœur : « Je ne vous appelle plus mes serviteurs, car le serviteur ignore les intentions de son maître : Je vous appelle mes amis puisque tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai confié » langage du Christ, s’il exprime excellemment l’intimité d’une amitié humaine, n’est-il pas révélateur surtout de la « Science »que Dieu réserve à ceux qui L’aiment, de la Sagesse par conséquent qui résultera de la Charité ? Oe ce dont l’âme charitable a besoin pour persévérer dans son état et y progresser, pour être préservée de toute déviation et de toute déchéance, c’est surtout d’une Sagesse divine qui lui permette de juger sainement toutes choses, célestes et terrestres, d’en voir la signification et le prix, pour savoir quelle place leur donner et quel usage en faire : bref, il lui faut peser les créatures avec la balance de Dieu. Et c’est cette justesse d’estimation, avec la rectitude dans l’utilisation, que lui apporte le Don de Sagesse… L’homme ne devient jamais Dieu, ni l’égal de Dieu. Mais la Grâce, et plus spécialement les Dons du Saint-Esprit, harmonisent l’homme avec Dieu ; s’il n’a pas la même amplitude de pensée ni la même puissance d’action, il ne pense et n’agit qu’à l’unisson avec Dieu, tel un disciple qui reste très inférieur à son Maître, mais, dans le peu qu’il pense, dit ou fait, n’est qu’un écho fidèle du Maître.

Réflexions pour ma vie

Est-ce que je demande à Dieu de m’envoyer son Don de Sagesse pour « juger sainement toutes choses, célestes et terrestres, en voir la signification et le prix, pour savoir quelle place leur donner et quel usage en faire » ? C’est si utile, dans notre monde ou nous sommes sollicités de toute part, ou nous devons prendre des décisions pour notre vie, pour notre famille, éventuellement des engagements dans le domaine social ou politique… Est-ce que je prends toutes mes décisions après en avoir « parlé avec Dieu » dans la prière ?

Résolution du jour

Je demande à la Vierge Marie, Elle qui a dit « oui » et qui gardait toute chose dans son cœur, de m’aider dans mes décisions. Je médite sur les mystères lumineux surtout sur le 5ème : Jésus se donne à nous dans l’Eucharistie.

Prière :

Sainte Marie, Mère de Dieu, Gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source.

Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils.

Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

Père Léonce de Grandmaison