Jour 46

Pourquoi la descente du Saint-Esprit sur les disciples n’a lieu qu’après l’Ascension ?

Texte de l’Écriture Sainte – Evangile selon Saint Jean 16, 7-15

Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement. En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi. En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus. En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé. J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

Temps de contemplation : La mission du Saint Esprit. Le Christ dans Ses mystères, Dom Marmion

Nous touchons ici à la raison profonde pour laquelle Jésus disait à ses Apôtres : « Quand je serai retourné aux cieux, je vous enverrai l’Esprit » Le Christ Jésus dans sa nature divine, est avec le Père, le principe dont procède l’Esprit-Saint. Le don du Saint-Esprit à l’Église et aux âmes est une grâce sans prix, puisque cet Esprit est l’amour divin en personne. Mais… ce don, cet envoi a été mérité pour nous comme toute grâce, par Jésus ; il est le fruit de sa Passion ; le Christ en a soldé le prix par les souffrances endurées dans sa sainte humanité. N’était-il pas dès lors équitable que cette grâce ne fût donnée au monde, que lorsque l’humanité qui l’avait méritée, serait glorifiée ? Cette exaltation de l’humanité en Jésus ne s’est accomplie dans sa plénitude et n’atteint son épanouissement qu’au jour de l’Ascension. C’est alors seulement que cette sainte humanité est entrée définitivement en possession de la gloire qui lui revenait au double titre d’humanité unie au Fils de Dieu, et de victime offerte au Père pour mériter toute grâce aux âmes. Assise à la droite du Père dans la gloire des cieux, l’humanité du Verbe incarné sera ainsi associée à l’ « envoi » qui sera fait du Saint-Esprit par le Père et le Fils. Nous comprenons maintenant pourquoi, Notre-Seigneur disait lui-même à ses apôtres : « il vous est avantageux que je m’en aille ; car si je ne m’en vais pas, je ne vous enverrai pas l’Esprit ; mais si je retourne à mon Père, je vous l’enverrai. »… Les Pères de l’Église ajoutent une autre raison, relative aux disciples. Jésus adressait un jour aux Juifs ces paroles « Celui qui croit en moi, de son sein couleront des fleuves d’eau vive ». St Jean, en rapportant cette promesse, ajoute que le Christ disait cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui. Car l’Esprit n’était pas encore donné parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. La foi était donc la source, pour ainsi dire de la venue de l’Esprit-Saint en nous. Or tant que le Christ vivait sur la terre, la foi des disciples était imparfaite. Elle ne serait entière, elle ne pourrait s’épanouir en toute plénitude que lorsque l’Ascension aurait dérobé à leurs regards la présence humaine de leur divin Maître… C’est parce que la foi des apôtres, après l’Ascension, est devenue plus pure, plus intérieure, plus vive, plus efficace, que les « fleuves d’eau vive » se sont versés en eux avec une telle impétuosité. Nous savons, en effet, avec quelle magnificence Jésus a accompli sa divine promesse, comment dix jours après l’Ascension, l’Esprit-Saint, envoyé par le Père et le Fils, est descendu sur les apôtres réunis au cénacle, et avec quelle abondance de grâces et de charismes cet Esprit de Vérité et d’Amour s’est répandu dans l’âme des disciples.

Réflexions pour ma vie

Revenons sur cette vertu de Foi dont nous avons parlé peu après l’Ascension. Est-ce que j’ai conscience que si le Père ne me comblait pas de ses grâces, je ne pourrai pas avoir la Foi de moi-même ? Est-ce que je Le remercie d’avoir envoyé son Fils qui a pris sur Lui tous nos péchés, nous a rachetés par ses souffrances et nous a mérité la vie éternelle ? Est-ce que je suis conscient de l’amour infini du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint qui ne demandent qu’à s’unir à nous pour nous faire vivre de leur vie ?

Résolution du jour

Je demande à la Vierge Marie de me montrer le chemin vers le Père et de m’apprendre à ouvrir toujours plus mon cœur pour que Jésus vienne y habiter, en restant fidèle à la récitation du chapelet et en méditant les mystères glorieux. Je cherche à soutenir les prêtres par ma prière et à leur rendre service autant que possible. Ne pas hésiter à leur proposer mes services aujourd’hui et plus tard.

Prière

O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en Vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité ; que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère ! Pacifiez mon âme. Faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là, toute entière, toute éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre action créatrice (Prière de la Bienheureuse Élisabeth de la Trinité).