SEMAINE 4 : Espérance (suite) et Charité

Nous achevons l'étude de l'Espérance avec le don de Crainte et les vices opposés (désespoir, présomption), puis nous entrons dans la reine des vertus : la Charité.

Prière de la semaine : Prière pour la paix, attribuée à saint François d'Assise


Jour 22

Si j’espère en Dieu que craindrais-je ? Mais qu’est-ce que ce don de crainte qui s’accorde et se complète avec l’Espérance ?

Texte de l’Écriture Sainte - Ecclésiastique, 1-11-16

La crainte du Seigneur est gloire et fierté, gaîté et couronne d’allégresse. La crainte du Seigneur est un don qui vient du Seigneur ; de fait, elle établit sur les chemins de l’amour. Pour qui craint le Seigneur, tout finira bien, au jour de sa mort il sera béni. Le principe de la sagesse c’est de craindre le Seigneur ; et pour les fidèles, elle est créée avec eux dans le sein. Parmi les hommes, elle s’est fait un nid, fondation éternelle, et à leur race elle s’attachera fidèlement. La plénitude de la sagesse c’est de craindre le Seigneur ; elle les enivre de ses fruits… ; Le don de la Crainte :

Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de Saint Thomas, père Sineux. Le don de la Crainte

Il y a crainte et crainte… Il y a la crainte servile des Hébreux tremblant devant Yahvé, et la crainte filiale des saints redoutant de contrister leur Père Céleste. Si par le don de Crainte, l’Esprit-Saint intervient spécialement dans notre Espérance, ce n’est évidemment pas pour en réfréner les élans, mais plutôt pour les diriger et les stimuler. Il donne une notion plus claire de la Puissance Divine, cette Puissance qui serait effrayante pour l’âme infidèle, mais qui apparaît surtout secourable pour l’âme de bonne volonté, et qu’il est aisément possible de se rendre favorable par la droiture et la prière. Il souligne la faiblesse et l’inconstance de la volonté humaine, toujours capables de compromettre le salut ; mais pour inciter cette volonté à s’appuyer plus fermement sur la Grâce toujours prête à secourir nos indigences. Bref, ce n’est pas, directement du moins, la crainte d’être puni par Dieu ; mais plutôt la crainte d’être séparé de Lui, la crainte de l’offenser, de ne pas faire tout ce qu’Il demande ; une crainte toute inspirée par l’amour, et non par la peur d’un être menaçant. Premier fruit de cet esprit d’adoption qui nous fait appeler Dieu « Père », loin de disparaître, il s’intensifie à mesure que ce Père céleste est mieux connu et plus apprécié. Il subsiste bien une crainte du Dieu terrible que connut le premier homme après sa chute et qu’il a légué à sa postérité avec le péché même… mais une telle crainte n’a rien à voir avec l’Espérance. Ce n’est pas de rejoindre Dieu que l’âme se préoccupe mais plutôt d’échapper à son regard… Sentiment tout humain du coupable devant le justicier, ce n’est pas le Don du saint-Esprit, bien que ce puisse être une première Grâce qui y prédispose ; « crainte, commencement de la Sagesse ». Sentiment qui doit s ‘épurer jusqu’à devenir la « crainte filiale », laquelle est l’un des caractères les plus authentiques de la sainteté et marque encore l’adoration des élus qui contemplent la face du Père. « Craindre dieu, c’est en définitive la même chose que Le connaître, être ému devant Lui jusqu’au saisissement. Si l’on est sûr de sa Présence, comment L’aborder autrement qu’à genoux ? L’entrevoir seulement donne envie de s’abîmer, de disparaître, de se perdre ; et Le redouter, c’est encore L’honorer…

Réflexions pour ma vie

La crainte, quelle est ma crainte vis à vis de Dieu ? De la peur : peur du châtiment pour mes innombrables péchés, peur du « Père Fouettard ? De la crainte filiale : parce que je ne peux qu’être saisi et me sentir si petit devant Sa Grandeur infinie, Sa Gloire, la profondeur infinie aussi de Son Amour pour nous ? Qui est ce Dieu pour moi, quels sentiments ai-je pour Lui ?

Résolution du jour

Si je viens à pécher aujourd’hui, Lui demander pardon par un amour sincère et non par crainte du châtiment.

Prière

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix. Là où il y a la haine, que je mette l’amour. Là où il y a l’offense, que je mette le pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’union. Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité. Là où il y a le doute, que je mette la foi. Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance. Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière. Là où il y a la tristesse, que je mette la joie. Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer ; car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie éternelle.