Jour 24

La Charité :

Texte de l’Écriture Sainte – Evangile selon Saint Jean 15, 10-17

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de Saint Thomas, père Sineux. Nature de la Charité

« Charité » … le mot lui-même indique le sentiment éprouvé à l’égard d’un être « cher ». Que deux personnes soient « chères » l’une à l’autre, elles deviennent amies, c’est-à dire attachées l’une à l’autre par un lien d’amour réciproque… La Charité est une amitié : » Je ne vous appellerai plus mes serviteurs, mais mes amis » dit Dieu par l’organe de son Fils. Mot décisif pour inaugurer une « Nouvelle Alliance » ! « Faite à l’image et à la ressemblance de Dieu », l’âme est un être spirituel, intelligent et libre ; elle est éprise d’infini et dotée d’immortalité… La distance qui sépare le Créateur de la créature n’est infranchissable que pour les forces de celle-ci. Mais l’obstacle s’évanouit si Dieu daigne faire les premiers pas, et simultanément centupler la vigueur de l’âme humaine, afin de préparer la rencontre. C’est précisément ce qui se produit : Dieu s’abaisse dans la personne de son Verbe incarné jusqu’à « habiter parmi nous » (St Jean I, 14), et à vivre comme l’un des nôtres, dans l’intention si souvent réitérée de demeurer avec nous ou de nous entraîner à sa suite afin de nous garder près de Lui, et de nous faire partager les délices de sa Vie divine… Quant à la bienfaisance, elle est évidente, immense et toute gratuite de la part de Dieu à l’égard de l’humanité. Que n’a-t-Il pas fait pour elle ? Et que pourrait-Il faire de plus ? N’est-Il pas allé jusqu’à lui donner son Fils unique pour la sauver, et dans quelles conditions ! Où trouver de plus évidentes marques d’Amour ? Certes la réciprocité est difficile alors, impossible même, si elle devait aller jusqu’à l’équivalence des bienfaits. Qu’est-ce qu’une créature, fut-elle la plus riche, peut bien offrir à son Créateur, qu’Il n’ait déjà, et qui soit comparable surtout à ce qu’elle en a reçu ? Mais, en amitié, c’est moins la valeur du cadeau qui importe que la « manière de donner » ; le don du coeur seul a du prix, et il passe sans s’amoindrir dans la pauvreté de l’offrande. En retour de Son Amour infini, Dieu n’exige pas un amour égal, mais tout l’amour que sa créature peut Lui donner… Pour ce Dieu qui lui est cher et qu’il aime pardessus toute chose, l’homme est prêt à se dévouer sans compte, à dépenser toutes les ressources de sa nature, à se sacrifier s’il le faut, jusqu’à donner à son tour la preuve du plus grand Amour. C’est assez dire que la Charité a tous les caractères de la plus grande amitié. Dieu qui aime le premier et gratuitement, goûte le bonheur de donner, de laisser libre cours à sa munificence : l’homme qui se sent aimé, éprouve d’abord la joie de se voir, en débit de sa bassesse, l’objet d’une telle libéralité ; puis comme s’il voulait rivaliser de générosité avec Dieu, il rêve de se donner entièrement à Lui. Echange et fusion qui, en définitive, comblent les désirs de l’un et de l’autre, et les unit à jamais dans le même bonheur.

Réflexions pour ma vie

« La charité est la vertu théologale par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toute chose pour Lui-même, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu. » nous dit le catéchisme de l’Église catholique. Arrêtons-nous d’abord sur cet Amour de Dieu :

Est-ce que je pense quelques fois à l’immensité de cet Amour, non pas pour le « mesurer » puisqu’il est infini mais pour remercier le Père Tout-Puissant pour les bienfaits dont Il nous comble ? Est-ce que j’ai le désir de Lui donner quelque chose en retour ? Mais quoi ? Je n’ai rien et je ne suis rien !

Résolution du jour

Je donne à Jésus tout mon cœur, tout mon amour, toutes mes forces…Et je continue à prier pour mon prochain. Je choisis un acte de charité à faire aujourd’hui dans mon travail, dans ma famille… Je suis fidèle à la récitation du chapelet

Prière

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix. Là où il y a la haine, que je mette l’amour. Là où il y a l’offense, que je mette le pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’union. Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité. Là où il y a le doute, que je mette la foi. Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance. Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière. Là où il y a la tristesse, que je mette la joie. Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer ; car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie éternelle.