La charité, vertu théologale
Texte de l’Écriture Sainte – Epître de Saint Paul aux Corinthiens 13, 1-3, 8-13
J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé. Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant. Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. Cette amitié, chez l’homme est une vertu :
Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de Saint Thomas, père Sineux. Cette amitié chez l’homme est une vertu
Dans tous les sens de ce terme : une force, une habitude permanente inclinant les facultés humaines à faire le bien, à procurer le vrai bien de l’être humain ; et, en dépit des apparences, une disposition désintéressée, inspirant l’effort austère, le renoncement et le sacrifice. Une vertu « surnaturelle » dans son origine comme dans son objet. Comment (la nature humaine) soupçonnerait-elle que le Bien de Dieu puisse devenir le sien ? Prétention tellement folle qu’elle ne pourrait germer dans un cerveau humain, s’il ne plaisait à Dieu de l’y mettre, en centuplant les puissances de sa créature pour les proportionner à ce désir infini. « La Charité a été répandue dans nos coeurs par l’Esprit- Saint qui nous a été donné » ! (St Paul aux Romains V, 5)… De tous les « habitus bons », pourrait-il s’en trouver un meilleur que cette Charité5) …r laquelle le cœur humain s’attache à Dieu Bien Suprême, et se complaît en Lui ? De toutes les Vertus, en somme, la Charité seule obtient le résultat décisif. Les autres vertus morales, et même vertus théologales, ne font qu’y acheminer ; et si la Charité ne venait couronner leurs efforts, ils seraient vains et la destinée humaine manquée… Aussi, de ces trois grandes vertus qui dès maintenant nous mettent en relation avec Dieu, à savoir la Foi, l’Espérance et la Charité, c’est la Charité qui est la plus grande; et alors que toutes les vertus disparaîtront avec la vie présente, la Charité seule ne passera jamais, mais prendra plutôt dans la bienheureuse Eternité son épanouissement définitif : fusion avec Dieu, sans entrave et sans fin… Elle est par excellence « la manière » supérieure de faire des choses ordinaires, « l’intention la plus noble » d’accomplir des actions banales, « le sens surnaturel » qui divinise un geste matériel ; bref le moyen de faire grandement les petites choses, de marquer d’une valeur divine et éternelle une vie terrestre éphémère. Objectivement, un verre d’eau offert sous l’inspiration de la Charité, a plus de prix qu’une fortune sacrifiée dans un but de simple solidarité humaine.
Réflexions pour ma vie
Est-ce que la Charité a envahi toute ma vie au point que je fais tout pour Dieu avec tout mon amour ? Difficile… quand il s’agit des actes de la vie quotidienne, les courses, le ménage, le repas de supporter les caprices des enfants, parfois leurs disputes de contraintes dans le travail, ou du caractère difficile des collègues… Il y a tant de moments dans la journée où je pourrais tourner mon regard vers Dieu.
Résolution du jour
Je prends la résolution de demander à Dieu Sa Grâce pour être plus patient, pour faire toute chose par amour et non par obligation en rechignant…
Prière
Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix. Là où il y a la haine, que je mette l’amour. Là où il y a l’offense, que je mette le pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’union. Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité. Là où il y a le doute, que je mette la foi. Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance. Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière. Là où il y a la tristesse, que je mette la joie. Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer ; car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie éternelle.