L’objet de la Charité, c’est Dieu assurément, mais l’acte de Charité associe Dieu et le prochain.
Texte de l’Écriture Sainte – Evangile selon Saint Jean 15, 14-21
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de saint Thomas, père Sineux. L’objet de la Charité
C’est Dieu ; aucun doute ni aucune réserve sur ce point. Mais Dieu est-Il donc tellement exclusif ? … Pourtant, l’acte de Charité récité par tous les chrétiens associe Dieu et le prochain ! Dieu aime les hommes ; c’est là le trait dominant de toute son action extérieure. Il les aime tous et on peut dire éperdument quand on voit « la folie de la Croix » geste sublime qui résume toutes les ingéniosités de « sa Sagesse et de sa Puissance au service de son Amour » Il voudrait procurer à tous l’inestimable bienfait du « salut surnaturel », la participation à sa propre vie et à son bonheur éternel. Comment alors un véritable ami de Dieu serait. -il ennemi de l’humanité ? Comment se résoudrait-il même à la dédaigner, s’enfermant dans un égoïsme arrogant prêt à jouir de Dieu pour lui-même, mais à « laisser tomber » le genre humain ? On voit parfois de ces déviations. Telle personne parée de l’étiquette chrétienne, déclare froidement : « J’aime Dieu de tout mon coeur ; je n’aime que Lui. Et pour L’aimer davantage, je me détourne des hommes, non seulement de crainte qu’ils ne ternissent mon unique Amour, mais parce qu’ils ne méritent que haine et mépris. » C’est aller exactement à l’encontre du précepte évangélique ; et se mettre en contradiction flagrante d’esprit et de cœur avec Celui-là même qu’on prétend aimer ! En vain invoquerait-on, à titre d’excuse, que certains dissentiments peuvent subsister entre les amis sans pour autant compromettre la sincérité de leur attachement réciproque… Ces pauvres humains dont les défauts vous choquent, dont les procédés vous blessent, Dieu, qui les connaît mieux que vous, Dieu les aime néanmoins. Il les aime tels qu’ils sont, dans le dessein de les rendre meilleurs et plus heureux. Et ce Père céleste n’a rien tant à coeur que de voir fleurir la paix, l’union et l’entraide fraternelle chez tous ceux qu’Il a adoptés. Il jugera les uns et les autres sur la façon dont ils auront pratiqué cette forme de la Charité.
Réflexions pour ma vie
Aimer son prochain comme soi-même ! Est-ce que je m’aime suffisamment pour faire tout ce qui est en mon possible pour vivre un jour auprès de ce Dieu qui m’aime tant ? Mais quand je pense à mon salut, est-ce que mon cœur s’inquiète aussi du salut des autres ? Et ces autres qui sont-ils ? Je réfléchis à mon attitude envers mes voisins, mes collègues d’études, de travail… Suis-je vraiment conscient qu’ils sont, eux aussi, les fils bien-aimés du Père ?
Résolution du jour
Je choisis un acte de charité à faire aujourd’hui dans mon travail, dans ma famille…
Je suis fidèle à la récitation du chapelet.
Prière
Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix. Là où il y a la haine, que je mette l’amour. Là où il y a l’offense, que je mette le pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’union. Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité. Là où il y a le doute, que je mette la foi. Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance. Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière. Là où il y a la tristesse, que je mette la joie. Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer ; car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie éternelle.