Quels sont donc les effets de la Charité ?
Texte de l’Écriture Sainte – Saint Paul 1 Co 13, 1-13
J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé. Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant. Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. Les effets de la Charité :
Temps de contemplation : Initiation à la Théologie de Saint Thomas, père Sineux. Les effets de la Charité
Tout Amour s’épanouit en joie… et… logiquement la Charité, « amour du Souverain Bien et par-dessus toutes choses », est source d’une joie infinie. La joie provient de la satisfaction du désir ; elle est complète dans la plénitude. Que pourrait désirer encore l’âme humaine que Dieu comble de sa propre Vie ? Elle souhaite en outre le bonheur total de Celui qu’elle aime. Mais ne sait-elle pas tout de suite que le bonheur de Dieu est sans ombre ? … Si la joie d’être aimé, c’est la joie de recevoir, de posséder l ‘être aimé, la joie d’aimer, c’est la joie de donner, de se donner. Dans la Charité, aucune imperfection de la part de Dieu, cela va de soi. Ce n’est donc pas sa faute si la joie n’est pas complète ! Mais du côté de l’homme, hélas… ? Comment reçoit-il le « Don de Dieu » ? Et comment lui-même, en échange, se donne-t-il à Dieu ? « Celui qui est marié a le souci des choses du monde ; il cherche à plaire à sa femme ; alors il est partagé »… (Co VII, 33-35) Dans ce cas, certes, c’est légitimement que l’homme fait dans son cœur une place à la créature. Mais n’y a-t-il pas déjà le danger que cette place soit trop large et empiète sur celle due à Dieu ? …Certains hommes se plaignent de ce que la Charité ne leur procure aucune joie !… Les satisfactions d’ordre purement spirituel, supérieures et étrangères à tout sentimentalisme, ils les jugent trop austères pour mériter encore le nom de « joies »… La joie qui résulte de la Charité est de cette sorte. Elle s’accompagne de privations et de renoncements ; bien plus elle se fonde sur ce régime sévère. Dieu n’est aimé à plein cœur qu’au prix de l’immolation des affections les plus naturelles et les plus chères, tendresses familiales et amour instinctif de soi-même ; et la Charité envers le prochain, sous peine de n’être que superficielle, exige l’abnégation totale jusqu’à l’exclusion de la reconnaissance et de la réciprocité… Ainsi la joie d’aimer se suffit à elle-même ; dominant toute privation, jusqu’à celle d’être aimé en retour, se nourrissant du sacrifice constamment renouvelé, elle est par excellence cette pure joie que rien ne peut ravir… Une joie que rien ne trouble c’est la Paix !… La Paix du Saint est réelle et durable, fondée sur une Charité que les haines les plus féroces ne parviennent pas à vaincre. Elle est communicative aussi cette bienheureuse Paix ! Paisible en elle-même, l’âme sincèrement charitable est pacifiante par son simple rayonnement et pacifique dans toute sa conduite… Et parce que chez les hommes, la paix n’est le plus souvent que l’apaisement après le trouble et la réconciliation après la discorde, « la Charité se fait patiente et conciliante à l’excès : elle supporte tout ; au besoin elle excuse tout »
Réflexions pour ma vie
« La Charité est source d’une joie infinie » : Est-ce que l’Amour que j’ai pour Dieu me comble de joie ? Est-ce que de savoir qu’Il m’aime infiniment me comble de joie ? Est-ce que mon cœur est rempli de cette joie d’aimer Dieu, mon prochain, non seulement en pensées mais aussi en actes ? Est-ce que les renoncements, les sacrifices, les privations, la non-reconnaissance… me pèsent, me sont difficiles, me font retenir des actes de Charité ?
Résolution du jour
Je choisis un acte de charité envers mon prochain que j’accomplis avec joie ! Je médite les mystères joyeux et je chante avec la Vierge Marie « Magnificat » attribuée à saint François d’Assise
Prière
Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix. Là où il y a la haine, que je mette l’amour. Là où il y a l’offense, que je mette le pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’union. Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité. Là où il y a le doute, que je mette la foi. Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance. Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière. Là où il y a la tristesse, que je mette la joie. Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer ; car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie éternelle.